Comment le changement climatique favorise l’émergence de nouvelles maladies

Les effets du changement climatique commencent à se faire sentir de manière tangible et préoccupante sur la santé humaine. L’augmentation des températures et les variations climatiques extrêmes contribuent à la propagation de maladies vectorielles comme la dengue et le paludisme. Les populations des régions autrefois épargnées se retrouvent désormais exposées à ces menaces sanitaires.

La multiplication des épisodes de chaleur intense entraîne plus de cas de déshydratation, de coups de chaleur et d’insuffisance cardiaque. Les catastrophes naturelles, telles que les inondations, favorisent la contamination des sources d’eau, ce qui accroît le risque de maladies hydriques telles que le choléra.

Le réchauffement climatique et la propagation des maladies infectieuses

Le réchauffement de la planète ne se contente pas de dérégler les saisons : il bouscule les frontières sanitaires. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des régions entières, comme l’Afrique, subissent de plein fouet cette réalité. Le paludisme et la dengue, deux maladies autrefois limitées par les climats locaux, s’étendent désormais sur de nouveaux territoires grâce à la hausse des températures et à la modification des précipitations.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a documenté comment ces changements profitent aux moustiques, principaux vecteurs de ces maladies. Ils gagnent du terrain, colonisent des altitudes ou des latitudes jusque-là préservées, exposant au passage des millions de personnes à des infections qu’elles ne connaissaient pas hier.

Études et données actuelles

Les chercheurs du The Lancet Countdown tirent la sonnette d’alarme : le changement climatique n’est plus une menace abstraite pour la santé mondiale. Quelques chiffres illustrent cette dynamique :

  • Les cas de dengue ont grimpé de 30 % sur les vingt dernières années.
  • Le paludisme s’invite désormais dans des régions d’altitude, signe d’une adaptation rapide du parasite et de ses vecteurs.
  • Le Royaume-Uni, qui n’était pas concerné, a vu apparaître des cas de maladie des légionnaires liés à des conditions météorologiques exceptionnelles.

Face à ces évolutions, l’OMS comme le GIEC insistent sur l’urgence de renforcer la surveillance et la prévention. Il s’agit de repérer rapidement les risques de transmission, d’informer les populations et de poursuivre les recherches pour comprendre les mécanismes en jeu et proposer des solutions d’adaptation robustes.

Les effets des vagues de chaleur sur la santé humaine

Les vagues de chaleur se multiplient et gagnent en intensité, sous l’effet direct du réchauffement climatique. Ces épisodes frappent de plein fouet la santé humaine. D’après le Hadley Center for Climate Prediction and Research, la courbe est sans appel : ces phénomènes sont désormais plus fréquents et plus intenses.

Rémy Slama, directeur de recherche à l’Inserm, rappelle que chaque vague de chaleur aggrave les maladies cardiovasculaires et respiratoires. Les personnes âgées et les enfants paient le prix fort. L’Organisation météorologique mondiale estime que la chaleur extrême tue chaque année des milliers de personnes.

Les manifestations cliniques de ces vagues de chaleur sont bien identifiées :

  • déshydratation,
  • coups de chaleur,
  • aggravation des maladies chroniques.

Pour limiter les dégâts, l’OMS encourage l’adaptation : améliorer les espaces urbains pour offrir des îlots de fraîcheur, sensibiliser aux gestes à adopter lorsque la température grimpe. Renforcer les systèmes de santé devient également un impératif pour anticiper et gérer ces crises. Surveillance accrue et plans d’urgence sont des leviers concrets qui peuvent changer la donne. L’enjeu appelle une coopération étroite entre gouvernements, organisations internationales et acteurs locaux, afin de mettre en place des stratégies de gestion des vagues de chaleur adaptées et de protéger les plus fragiles.

changement climatique

Les conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes sur la santé

Le climat détraqué multiplie les tempêtes, les inondations et les sécheresses, avec des répercussions directes et insidieuses sur la santé humaine. Les inondations, par exemple, contaminent l’eau potable et fragilisent les systèmes sanitaires, ouvrant la voie à la diffusion de maladies infectieuses.

L’OMS constate que ces événements extrêmes favorisent la transmission de maladies comme le choléra ou la leptospirose. Sur le continent africain, la sécheresse chronique aggrave la malnutrition et fragilise les défenses face aux infections. Le GIEC met en avant le lien étroit entre ces phénomènes et la hausse des maladies vectorielles, du paludisme à la dengue.

Pour répondre à ces enjeux, l’initiative One Health propose une démarche globale, qui relie les santés humaine, animale et environnementale. Ce prisme croisé aide à décoder et anticiper l’impact sanitaire du changement climatique. Les investissements dans la recherche scientifique et l’innovation sont désormais incontournables pour trouver des solutions d’adaptation et bâtir la résilience des sociétés.

Les banques multilatérales de développement et les fonds climat soutiennent ces efforts en finançant le renforcement des systèmes de santé. L’objectif : mieux surveiller, mieux prévenir et limiter les risques sanitaires. Une mobilisation qui prendra une dimension nouvelle lors de la COP 28, entièrement consacrée à la santé et au changement climatique. Ce rendez-vous mondial devrait placer la santé publique au cœur des décisions, face à l’urgence climatique qui n’a plus rien d’hypothétique.